Table ronde APHEC sur les usages des IA génératives dans l'enseignement à NEOMA

L’intelligence artificielle générative bouscule la prépa : retour sur une conférence nécessaire

Le 31 mars 2025, à Paris, nous avons franchi un cap important à NEOMA Business School avec les professeurs de classes préparatoires membres de l’APHEC. La conférence « Quelle place donner aux intelligences artificielles génératives en classes préparatoires ? » a réuni plus de 110 enseignants en CPGE (et quelques journalistes spécialisés dans le supérieur) autour d’une question majeure : comment intégrer l’IA générative dans les CPGE sans trahir leur exigence, ni ignorer les réalités de terrain ?

Un fait : les usages sont déjà là

Près de 80 % des élèves en prépa utilisent déjà des outils d’IA générative (c’est ce que vous découvrirez dans l’excellente enquête réalisée par Major Prépa, à paraître prochainement). Que ce soit pour rédiger des essais en langues, comprendre une notion d’économie ou automatiser la résolution de problèmes mathématiques, l’IA est présente dans leurs pratiques. Mais cette adoption massive reste souvent en dehors du cadre pédagogique. Les enseignants eux-mêmes, à 44 %, n’y recourent que très peu (voir mon article sur l’enquête FNEGE sur l’usage des IA génératives dans le supérieur).

Résultat : un fossé d’usage, une perte de repères et parfois une crispation dans la salle de classe en raison d’une incompréhension réciproque.

Une keynote pour poser les enjeux et le contexte des IA génératives dans l’enseignement

J’ai ouvert cette conférence avec un constat : nous vivons une transformation de fond, pas un effet de mode. L’IA générative transforme notre rapport à la connaissance. Elle permet de créer, résumer, prototyper, simuler… en langage naturel. Mais elle interroge aussi nos systèmes d’évaluation, notre rapport à l’effort, à la sincérité du travail, et à l’équité des conditions d’apprentissage.

Pendant 30 minutes j’ai abordé les aspects clés à date de mars 2025 des enjeux majeurs autour des IA génératives dans l’enseignement, l’enseignement supérieur, mais aussi dans la société humaine (c’est à dire pour les individus et les organisations, les entreprises égalements). Je vous offre ici le support que j’ai utilisé :

Les questions sont multiples : comment garantir l’authenticité des devoirs ? Comment assurer l’égalité d’accès aux outils ? Faut-il enseigner avec, contre ou au-delà de l’IA ?

Des retours d’expérience concrets par les professeurs sur l’usage des IA génératives dans l’enseignement

Une table ronde a réuni des enseignants de CPGE (Agathe Mezzadri-Guedj et Fatima Ait Said) et de NEOMA (Sara Ain Tommar Thomas et Jérôme Ony). Merci à eux car ce fut un moment clé de l’après-midi sur la base de retours d’expérience très concrets et utiles pour l’ensemble des participants !

Ils ont partagé leurs expérimentations : intégration de l’IA dans la préparation aux khôlles, réécriture de sujets à partir d’un prompt, utilisation de ChatGPT comme assistant de relecture ou d’explication, utilisation de modèles IA pour l’analyse de données financières ou encore pour la création de contenu pédagogique… Tous s’accordent sur un point : l’IA peut enrichir l’enseignement, à condition d’être encadrée, questionnée, maîtrisée.

Et surtout… de la pratique pour tous, pour démarrer l’usage des IA génératives dans l’enseignement

Des ateliers ont permis aux participants de se confronter directement aux outils. Construction de prompts efficaces, génération de supports personnalisés… L’objectif : sortir de l’abstraction et entrer dans l’action. Car il ne s’agit plus de « réfléchir à l’IA » mais de penser avec elle, d’agir avec elle !

Un changement de posture autour des IA génératives

Ce que cette journée a montré, c’est la nécessité de désapprendre pour mieux réapprendre. D’intégrer à l’intelligence artificielle et biologique les intelligences critiques, créatives, contextuelles, culturelles. Former des esprits augmentés, pas assistés. Refonder l’excellence, non plus comme conformité à un standard, mais comme capacité à penser, créer et collaborer avec les machines. Loin de fragiliser la prépa, cette mutation peut la renforcer. À condition de ne pas la subir… et pour cela accepter de se former !

Le rôle de la tutelle et des directions d’établissement pour favoriser l’adoption

Certains professeurs n’ont pas pu effectuer le déplacement pour venir se former alors qu’ils le souhaitaient ! La raison ? Un refus du chef d’établissement ! Ce n’est pas normal… l’injonction d’usage de la tutelle ne peut être réalisée correctement sur le terrain sans une formation et un accompagnement : c’était une occasion unique de franchir le pas. Sans formation on risque de voir des usages particulièrement dangereux des IA génératives se déployer dans les salles de classe, en dépit de la meilleure volonté du monde.

Alain Goudey

Imaginer l'Ecole du futur à NEOMA, créer l'identité sonore des marques avec Atoomedia & Mediavea, conseiller sur la transformation numérique avec Sociacom | Expert en éducation, technologies disruptives, IA & design sonore.

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