Tokens en français : la taxe invisible de 31 % à 58 % face à l’anglais

Tokens en français : une IA consomme 31 % à 58 % de tokens de plus qu’en anglais pour un contenu identique. C’est ce que mesure Thomas Serval, professeur affilié à NEOMA Business School, dans un premier papier publié le 30 septembre 2026, « The Invisible Language Tax ». Il y compare sept tokenizers de 2026, puis teste un prototype conçu pour le français et publie aussi les cas où ce prototype perd.

Thomas Serval, cofondateur et PDG du groupe Baracoda, passé par des postes de direction chez Microsoft et Google, il est membre de l’Académie des technologies et détient quelque 80 brevets en IA et technologies connectées. Il a rejoint NEOMA en avril 2025 pour contribuer au NEOMA AI Research Institute.

À NEOMA, la recherche en intelligence artificielle est portée par le NEOMA AI Research Institute, que l’école présente comme son initiative stratégique phare en IA. L’institut rassemble des professeurs, des doctorants et des post-doctorants de plusieurs départements, qui travaillent sur les aspects techniques de l’IA comme sur ses applications. Cette étude vise à regarder les effets induits de la langue dans le traitement IA.

Un token est un fragment de mot. Les grands modèles de langage facturent au token, et leur fenêtre de contexte, c’est-à-dire leur mémoire de travail, se compte dans la même unité. Le découpage est fait par un outil appelé tokenizer, entraîné sur des corpus où l’anglais domine : un même contenu en sort découpé en morceaux plus nombreux dans les autres langues.

IA et apprentissage : ce que l’étude chinoise prouve, et ce qu’elle rate en 6 points

L’étude la plus commentée du moment sur IA et apprentissage vient de Chine. Dans un working paper intitulé The Generative AI Learning Penalty: Evidence from Chinese Secondary Education daté de juin 2026 et posté sur SSRN en juillet, David Strömberg (Université de Stockholm), Victor Lei et Yanhui Wu (Université de Hong Kong) suivent 26 811 collégiens et lycéens pendant 30 mois. Six mois après l’adoption d’une IA générative, les notes de devoirs bondissent de 18 %, le temps de travail chute de 64 à 45 minutes, et les scores aux examens sur table s’effondrent de 20 %.

Le graphique repris par The Economist a fait le tour des réseaux (mon image d’illustration reprise ci-dessous), souvent résumé en une phrase : l’IA rend les élèves moins bons. Ce n’est pas ce que l’étude démontre. Et ce que le graphique fait croire n’est pas exactement ce que le papier mesure !

Penser autrement à l’ère de l’IA : réflexion exponentielle et décision probabiliste

Et si le vrai choc lié à l’IA n’était pas technologique… mais mental / cognitif ? Il va falloir penser autrement à l’ère de l’IA.

Depuis des décennies, les organisations (entreprises comme établissements d’enseignement supérieur) ont appris à décider dans un monde qui semblait relativement stable : on collecte des informations, on analyse, on tranche, on exécute. Une logique rassurante. Linéaire. Cumulative. Et, en apparence, déterministe : « si j’ai les bonnes données et le bon modèle, j’aurai la bonne réponse ». Sauf que ce régime de pensée est en train de se fissurer sur deux fronts… simultanément !

Weekly AI 50 : les 6 actualités IA à avoir en tête

La semaine 50 concentre six annonces qui, mises bout à bout, dessinent une recomposition continue du paysage de l’intelligence artificielle. Elles touchent à la fois aux fondements technologiques, aux modèles économiques, aux rapports de force industriels et aux nouveaux usages professionnels. Pour les dirigeants, investisseurs et responsables publics, ces signaux faibles et forts méritent une lecture systémique : Disney, OpenAI, Microsoft, Google, Anthropic, etc. sont concernés.

Weekly IA 49 : Des rachats, de l’investissement, de la géopolitique et de gros contrats

Sur le papier, les annonces de la semaine 49 semblent dispersées : un partenariat à 200 M$, un plan européen de “gigafactories”, une enquête antitrust sur WhatsApp, un épisode de lobbying à Washington, des agents de code “longue durée”, une pépite voix à Paris, une banque globale qui internalise un modèle français, et OpenAI qui prend une participation dans une structure de private equity.

30 nov. 2022 – 30 nov. 2025 : 3 ans de ChatGPT qui ont reconfiguré le monde

Le 30 novembre 2022, OpenAI appuie sur “Enter” et publie ChatGPT, simple interface web posée sur GPT-3.5.
Trois ans plus tard, l’entreprise est valorisée 500 milliards de dollars, au niveau de SpaceX et ByteDance. On n’est plus dans le hack de laboratoire, mais dans une nouvelle couche de l’infrastructure numérique mondiale.

Entre ces deux dates, il s’est passé plusieurs chose…