Actualité IA S.02

Weekly AI S.02 : Gmail IA, Manus-Meta, Compagnon IA holographique, Alpamayo x Nvidia, Audio IA, Plaud, etc.

C’est une semaine assez riche en annonces (CES 2026 oblige) autour de l’intelligence artificielle qui confirme la tendance de 2025. Comme d’habitude les grands de la tech sont très présents : OpenAI, Google, Nvidia, Meta, ont été de la partie… sans grande annonce de nouveaux modèles IA, mais plutôt des aspects stratégiques, et de l’insertion de plus en plus profondément dans notre quotidien. Voici le décryptage des 8 actualités que j’ai décidé de retenir cette semaine.

Gmail passe à l’Inbox pilotée par IA : quand l’email devient un système de décision

Google a dévoilé une nouvelle AI Inbox pour Gmail, actuellement testée auprès d’utilisateurs grand public américains. Le principe est radical : l’interface classique listant les emails par ordre chronologique est remplacée par des résumés générés par IA et des suggestions d’actions prioritaires. Ainsi :

  • L’IA analyse les signaux comportementaux : fréquence d’échange, rapidité de réponse, sujets récurrents.
  • Elle produit des to-dos implicites et des synthèses thématiques.
  • Les comptes Workspace sont, pour l’instant, exclus.
  • Il n’existe pas encore de mécanisme clair pour valider ou clôturer une tâche suggérée.
  • Google affirme que les contenus Gmail ne servent pas à entraîner les modèles Gemini et que les fonctions IA peuvent être désactivées.

Ce changement marque la fin de la neutralité fonctionnelle de l’email. L’outil ne se contente plus de transporter de l’information, il hiérarchise le réel professionnel. Pour une organisation, cela signifie :

  • un gain potentiel de productivité,
  • mais aussi une externalisation implicite du contrôle de l’agenda cognitif.
    La question clé n’est donc pas technique, mais politique : qui décide de ce qui est important ?

La Chine durcit le jeu : l’exit IA devient un sujet de sécurité nationale suite au rachat de Manus par Meta

Les autorités chinoises examinent l’acquisition par Meta de la start-up Manus (environ 2 milliards de dollars). L’opération est analysée non comme une simple transaction, mais comme un transfert stratégique de talents et de savoir-faire hors du territoire chinois. Ainsi :

  • Manus aurait déplacé équipes et actifs intellectuels vers Singapour avant l’acquisition.
  • Le ministère du Commerce chinois évalue une possible violation des règles de contrôle des exportations technologiques.
  • L’examen est préliminaire, mais une intervention reste possible.

La Chine envoie un signal clair : l’IA n’est plus un actif économique ordinaire. Pour les fondateurs, investisseurs et groupes internationaux :

  • les stratégies d’exit offshore deviennent plus risquées,
  • les délais et coûts réglementaires augmentent,
  • la géopolitique s’invite au cœur de la gouvernance innovation.
    Ignorer cette dimension, c’est sous-estimer la repolitisation accélérée de la tech.

CES 2026 : la banalisation des compagnons IA holographiques

Compagnon IA vu au CES 2026

Au CES 2026, plusieurs acteurs ont présenté des compagnons IA holographiques non plus comme des curiosités, mais comme de véritables produits grand public. Des avatars persistants, visibles, émotionnellement travaillés. Cela implique :

  • Présence d’un avatar holographique sur le bureau.
  • Interaction vocale et visuelle continue.
  • Positionnement explicite sur la notion de compagnon, voire de soulmate.
  • Un ticket d’entrée matériel autour de 500 dollars.

On assiste à un changement de nature : l’IA devient présence incarnée virtuellement (ou avec des robots). Conséquences directes :

  • augmentation de l’attachement émotionnel,
  • collecte de données beaucoup plus intimes,
  • verrouillage matériel et économique.
    Pour les marques, l’opportunité est immense. Pour les institutions, la question éthique est explosive. La régulation, elle, n’a pas encore commencé car le juridique a (toujours) un temps de retard sur l’innovation.

Nvidia et Alpamayo : l’IA commence à raisonner dans le monde physique

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Nvidia a frappé fort au CES avec Alpamayo, une suite open source destinée à l’IA physique et aux véhicules autonomes car pour Nvidia, le futur de l’IA est dans les objets. La vision est assez simple :

  • Alpamayo 1 est un modèle VLA (Vision-Language-Action) de 10 milliards de paramètres.
  • Il raisonne en chain-of-thought et explique ses décisions.
  • Publication open source sur Hugging Face.
  • Mise à disposition de :
    • 1 700 heures de données de conduite réelles,
    • AlpaSim, un simulateur réaliste,
    • intégration avec les world models Cosmos.

C’est un tournant stratégique : la valeur n’est plus seulement dans la performance, mais dans l’explicabilité du raisonnement machine. Pour l’industrie :

  • accélération de la mise sur le marché,
  • baisse des barrières d’entrée,
  • nouveau standard de confiance.
    Nvidia ne vend pas qu’un GPU. Elle se positionne comme fournisseur d’une architecture cognitive dans le monde réel, sous forme d’objets du quotidien.

CES 2026 : L’audio IA s’impose comme le terrain de jeu le plus pragmatique

Le CES a révélé une explosion des usages audio IA : aides auditives intelligentes, dictée robuste, objets connectés vocaux, contrôle industriel sans contact. Le salon révèle une forte tendance autour :

  • Des dispositifs capables d’isoler une voix dans des environnements complexes.
  • Des objets discrets (écouteurs, bagues, badges).
  • Une adoption facilitée par l’absence d’écran.
  • Une concurrence frontale avec les grands écosystèmes.

L’audio est un cheval de Troie stratégique, avec :

  • adoption rapide,
  • intégration naturelle dans les workflows,
  • coûts de déploiement plus faibles que la robotique.
    Mais l’espace me semble étroit. Face à Apple, Google ou OpenAI, seules les niches très spécialisées survivront car les grands de la tech pourront copier les meilleurs use case très facilement.

Gemini analyse un manuscrit de 500 ans : l’IA comme outil de compréhension du monde

Gemini 3.0 Pro a été utilisé par le projet GDELT pour analyser un exemplaire ancien de la Chronique de Nuremberg. L’IA de Google a permis :

  • Décryptage autonome de notes manuscrites latines.
  • Raisonnement croisé : vision, numérologie, théologie, contexte historique.
  • Aucune instruction humaine directe.

Ce n’est à mon sens pas un exploit académique. C’est un test de robustesse cognitive. Si une IA peut résoudre un problème resté opaque pendant cinq siècles, elle peut :

  • analyser des archives juridiques,
  • comprendre des dossiers complexes,
  • assister des travaux de recherche stratégique.
    La frontière entre assistance et travail intellectuel autonome se réduit chaque jour un peu plus manifestement.

Plaud : la convergence discrète du hardware et de l’IA productive

Plaud lance le NotePin S et une application desktop de transcription intelligente, après avoir vendu plus de 1,5 million d’appareils des fameux Plaud Note. Dans la pratique, le NotePin S, c’est :

  • Un objet portable, autonome, longue batterie.
  • Une app qui structure automatiquement les réunions.
  • Positionnement hybride : présentiel et distanciel.
  • Concurrence directe avec des solutions logicielles pures.

Plaud illustre une tendance lourde : la réintégration du hardware dans la productivité IA. Pour moi, les gagnants de ce genre d’application seront ceux qui contrôlent :

  • l’entrée de l’information,
  • son traitement,
  • sa transformation en action.
    C’est donc une logique de système, et non de seule application.

Le stylo OpenAI : une innovation mal comprise, mais stratégique

Des fuites évoquent un premier objet OpenAI : un stylo sans écran, connecté au smartphone, capturant écriture et voix. Les réactions immédiates sur le net : grande déception ! En effet, de ce qui a fuité, ce device aurait ces caractéristiques :

  • Pas de nouvel écran.
  • Pas de device autonome.
  • Un simple point d’entrée vers l’IA conversationnelle.

Pour moi, cet objet n’est qu’une première étape. Ce n’est pas un objet de rupture visuelle. C’est une rupture comportementale qui est recherchée. OpenAI parie sur :

  • la réduction maximale de la friction,
  • l’intégration dans les gestes quotidiens,
  • la modification progressive des usages pour « faire oublier » 50 ans d’écran ! L’innovation n’est pas spectaculaire techniquement. Elle est comportementale, sur les usages. Cela me rappelle un peu l’annonce de l’iPad où les experts prétendaient que « ça ne marcherait jamais ».

L’actualité IA cette semaine en quelques mots

Cette semaine 02 le confirme : l’IA ne remplace plus seulement des tâches. Elle oriente l’humain, hiérarchise l’information, s’incarne et explique l’histoire… Pour un décideur, la vraie question n’est plus technologique :

Jusqu’où suis-je prêt à déléguer le jugement humain ?

FAQ

Pourquoi l’IA dans Gmail est-elle stratégique ?
Parce qu’elle structure l’attention et l’agenda décisionnel.

Les compagnons IA holographiques sont-ils un risque ?
Oui, en termes d’attachement, de données et de dépendance cognitive.

Pourquoi Nvidia ouvre-t-elle ses modèles ?
Pour imposer son écosystème comme standard industriel.

L’audio IA est-il plus mûr que la robotique ?
À court terme, clairement oui.

Alain Goudey

Imaginer l'Ecole du futur à NEOMA, créer l'identité sonore des marques avec Atoomedia & Mediavea, conseiller sur la transformation numérique avec Sociacom | Expert en éducation, technologies disruptives, IA & design sonore.

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