OpenAI s’apprête à poursuivre Apple en justice. Anthropic vient pourtant de la coiffer au poteau sur le marché B2B. General Motors licencie 600 informaticiens, et en réembauche aussitôt, autres profils, autres compétences. Bientôt, Siri parlera Gemini, signé Google, sur un iPhone. Pendant ce temps, les managers absorbent en silence la facture des agents IA qu’on leur impose en entreprise.
Voilà la semaine 20. Huit actualités. Un fil rouge : les agents IA en entreprise ne sont plus une promesse, mais un champ de négociations. Plateformes contre plateformes, compétences contre compétences, contextes contre modèles génériques. Voilà mon éclairage pour les décideurs.
Au sommaire
Codex sur mobile : OpenAI fait du smartphone un poste de commande pour vos agents IA
OpenAI a annoncé jeudi de nouvelles fonctions pour piloter son agent Codex depuis l’application ChatGPT. iPhone et Android, indifféremment. Le service comptait quatre millions d’utilisateurs hebdomadaires début mai. La progression est rapide.
Concrètement, depuis votre téléphone, vous pouvez désormais visualiser les tâches en cours, valider des commandes, examiner les sorties, basculer entre modèles, observer des captures d’écran et lancer de nouvelles missions. Codex reçoit aussi des fonctions taillées pour les organisations. SSH distant. Jetons d’accès programmatiques. Conformité HIPAA pour certains espaces ChatGPT Enterprise.
Pourquoi ça change la donne
Les agents IA traitent des tâches longues, parfois plusieurs heures. Rester scotché à son poste pour superviser un agent contredit la promesse même de l’automatisation. Le mobile résout cette contradiction. Le collaborateur supervise pendant qu’il fait autre chose. On notera la délicate ironie d’un outil censé libérer du temps, et qui exige désormais une vigilance permanente.
Vos équipes vont expérimenter, et vite. Le passage du desktop au mobile abaisse la barrière d’usage. Attendez-vous à voir Codex grignoter du terrain face à Claude Code, dont la disponibilité reste irrégulière. Pour les DSI, la question d’une politique d’usage mobile des agents devient pressante. Les jetons programmatiques méritent une gouvernance dédiée.
Que se passe-t-il quand un agent attend votre validation, et que personne ne répond ? Faut-il définir des seuils d’autonomie selon les tâches ? L’enjeu n’est plus technique. Il devient organisationnel.
OpenAI contre Apple : quand l’intégration ChatGPT vire au contentieux pour vos agents IA
OpenAI prépare une action en justice contre Apple. L’intégration de ChatGPT annoncée à la WWDC 2024 n’a pas tenu ses promesses commerciales. Les dirigeants d’OpenAI estiment que les fonctionnalités sont enterrées dans les systèmes d’exploitation. La croissance d’abonnés attendue ne s’est jamais matérialisée. Un cabinet externe étudie les options, y compris une notification formelle de rupture de contrat.
Apple n’est pas en reste. La firme reproche à OpenAI des standards de confidentialité jugés insuffisants. Apple s’agace aussi de l’intrusion d’OpenAI dans le hardware, sous l’égide d’anciens cadres maison, dont Jony Ive. Le procès en cours contre Elon Musk repousse toute action formelle.
Apple a une longue histoire de ruptures avec ses partenaires logiciels. Google Maps, Spotify, et d’autres en ont fait les frais. La plateforme garde toujours la main. Les éditeurs perdent souvent l’arbitrage.
Toute dépendance à une plateforme dominante comporte un risque structurel. Les conditions changent. Les visibilités se renégocient. Les revenus annoncés s’évaporent. Pour vos partenariats stratégiques, exigez des engagements précis. Visibilité produit. Flux commerciaux. Conditions de sortie. Sans cela, vous signez un chèque en blanc.
La question qui dérange
Combien de vos partenariats technologiques reposent sur une plateforme dont vous ne contrôlez rien ? Un audit s’impose. Pas pour rompre, mais pour ouvrir des alternatives crédibles.
Claude devant OpenAI : Anthropic prend la tête des dépenses d’agents IA en entreprise
Selon l’indice AI mensuel publié par Ramp, Anthropic dépasse pour la première fois OpenAI en parts de dépenses chez les entreprises clientes. 34,4% des entreprises sondées utilisent les services Anthropic, contre 32,3% pour OpenAI. Le panel couvre plus de 50 000 entreprises. Le basculement a été rapide. En mai 2025, Anthropic ne représentait que 9% des dépenses.
L’économiste de Ramp, Ara Kharazian, attribue ce succès à une stratégie focalisée. Anthropic a d’abord servi une clientèle technique exigeante. Puis elle a élargi grâce à des outils comme Cowork. Le constat se vérifie ailleurs. Sur la plateforme OpenRouter, OpenAI ne domine plus depuis décembre 2025.

Le réflexe par défaut, c’était OpenAI. Le réflexe se déplace. Les directions techniques arbitrent désormais en faveur d’Anthropic pour des cas d’usage spécifiques, notamment le code. Le marché B2B de l’IA n’est plus un monopole de fait.
Ce que ça implique concrètement
La mise en concurrence devient possible, et même souhaitable. Vos négociations gagnent en levier. Les conditions tarifaires se discutent. Les feuilles de route produit se challengent. La diversification multi-fournisseurs devient une option crédible pour réduire votre exposition.
Votre stratégie IA repose-t-elle encore sur un fournisseur unique ? Si oui, sur quelles bases techniques ce choix tient-il ? Une revue annuelle des fournisseurs s’impose. Sans dogmatisme. Avec rigueur.
Hollywood et les agents IA : la fracture s’élargit entre récompenses et créateurs
Deux institutions du cinéma viennent de trancher de manière contrastée. L’Académie des Oscars a durci ses règles. L’interprétation et l’écriture des films primés doivent être manifestement humaines. L’usage d’autres outils IA, en revanche, ne joue ni en faveur ni en défaveur d’une nomination.
Les Golden Globes ont choisi une voie plus souple. L’IA ne disqualifie pas automatiquement une œuvre. Mais la direction créative, le jugement artistique et la paternité doivent rester humains. L’IA peut accompagner. Elle ne peut pas remplacer.
Le contexte est tendu. Les principales agences de talents ont retiré leurs clients du modèle Sora d’OpenAI. En janvier, une coalition d’artistes a lancé la pétition « Stealing isn’t Innovation ». Scarlett Johansson, Cate Blanchett, REM, Jodi Picoult ont signé. D’autres voix, comme Charles Rivkin de la Motion Picture Association, ont nuancé leur position.
Pourquoi ça intéresse les décideurs hors cinéma
Le cinéma teste en grandeur réelle des questions qui guettent tous les secteurs créatifs. Marketing. Design. Formation. Communication. Toutes ces fonctions emploient des contenus qui peuvent désormais être générés. La distinction entre œuvre authentique et synthétique devient floue.
Vos communications internes et externes mobilisent de plus en plus de contenus assistés par IA. La frontière entre amélioration et substitution mérite d’être posée. La norme C2PA pour la traçabilité progresse. Anticipez son usage. Documentez vos pratiques. Sans paranoïa, mais sans naïveté non plus.
La question qui dérange
Si vos clients ne distinguent plus une création humaine d’une création machine, est-ce que cela les dérangera vraiment ? Et surtout, est-ce que cela vous dispense d’avoir une politique claire à ce sujet ? La réponse, vous la devez à vos équipes créatives.
Celonis Context Model : la couche de contexte qui débloque vos agents IA en entreprise
Celonis a lancé mardi son Celonis Context Model, ou CCM. Il fonctionne comme un jumeau numérique des opérations d’une organisation. Il se met à jour en temps réel. Il agrège données structurées et non structurées, journaux système, politiques internes, descriptions de processus. L’objectif est limpide. Donner à l’IA un langage commun sur l’entreprise.
Alex Rinke, co-CEO de Celonis, identifie le vrai problème de l’IA en entreprise. Le manque de contexte. La meilleure IA d’entreprise est spécialiste d’un métier, pas généraliste. Celonis annonce aussi l’acquisition d’Ikigai Labs, société née au MIT, spécialiste de la prédiction, des séries temporelles et des simulations.
Pourquoi ça change tout
Les LLM plus puissants ne suffisent plus. Sans contexte métier, ils tournent à vide. Le contexte fait la différence entre un projet IA qui crée de la valeur, et un projet qui s’enlise. Celonis disposait déjà du leadership Gartner sur l’intelligence des processus. Le rachat d’Ikigai ajoute la prédiction au tableau.
Ce que ça implique concrètement
Les tests menés avec AstraZeneca, Mercedes, Domino Foods, et plusieurs assureurs montrent des gains significatifs. Efficacité. Précision. Vitesse d’exécution. Pour vos projets d’agents IA, la question du contexte devient centrale. Sans modèle de votre activité, vos agents resteront superficiels. Ils ressembleront à des stagiaires brillants, mais perdus dans vos couloirs.
Quelle structure d’organisation maintient ce contexte à jour ? Un knowledge graph ne suffit pas. Un modèle de contexte vivant exige une gouvernance qui dépasse la DSI. Avez-vous la structure pour le faire ?
Apple WWDC 2026 : Gemini dans Siri, et une boutique d’agents IA en entreprise
Apple Intelligence se prépare à un redémarrage majeur. Le keynote du 8 juin précisera l’ampleur du virage. Deux annonces sont attendues. Première annonce, un Siri dopé par Gemini de Google. Apple gardera la maîtrise de l’expérience utilisateur. Le moteur, lui, viendra de Mountain View. iOS 27 portera ce changement.
La seconde annonce concerne une nouvelle section dédiée à l’IA dans l’App Store. Selon Bloomberg, des extensions permettront aux utilisateurs de télécharger des agents et outils IA pour les intégrer à Siri. L’ambition serait de transformer Siri en super-application, capable d’agréger les outils de plusieurs laboratoires.
Le pari hardware d’Apple
Apple ne brille pas par ses modèles. Elle brille par ses puces. Les processeurs neuronaux d’Apple Silicon sont conçus pour les charges IA. Les développeurs des laboratoires de pointe sortent leurs versions Mac en premier. Les Mac mini se vendent comme des petits pains pour faire tourner des agents locaux.
Ce que ça implique concrètement
Seulement 16% de la population mondiale utilise l’IA aujourd’hui. La marge de progression est immense. Apple peut accélérer cette adoption en simplifiant l’expérience. Pour les entreprises équipées en parc Apple, les choix d’iOS 27 pèseront. L’intégration native d’agents tiers ouvre des cas d’usage corporate inédits.
Que vaut la confidentialité d’Apple quand Gemini fait tourner le moteur ? L’argument du respect des données va-t-il tenir le choc ? Vos politiques BYOD devront en tenir compte. Bientôt.
General Motors : 600 licenciements IT pour reconstruire avec des compétences en agents IA
General Motors a licencié plus de 600 employés IT. Cela représente plus de 10% du département technologique. La direction présente ce mouvement comme une transformation stratégique. Pas une simple réduction d’effectifs. L’entreprise continue de recruter, mais sur des profils très différents.
Les compétences recherchées sont précises. Développement IA natif. Ingénierie de données. Ingénierie cloud. Développement d’agents et de modèles. Ingénierie de prompt. Conception de flux IA. Le passage d’un IT classique à un IT centré IA est explicite. Sterling Anderson, ancien d’Aurora, mène la consolidation depuis mai 2025. Trois cadres seniors sont partis en novembre. De nouveaux talents arrivent, dont Behrad Toghi venu d’Apple, et Rashed Haq qui dirige désormais les véhicules autonomes.
Pourquoi ça intéresse au-delà de l’automobile
GM illustre un schéma qui dépasse son secteur. L’adoption de l’IA en entreprise ne se résume pas à empiler des outils sur les équipes existantes. Elle exige un réagencement profond. Des compétences sortent. D’autres entrent. Le solde n’est pas neutre.
Ce que ça implique concrètement
Vos DRH et DSI doivent travailler conjointement. La cartographie des compétences IA devient une priorité. Les écarts entre besoins et profils internes se creusent. Les programmes de formation ne suffisent pas toujours à les combler. Les départs et arrivées font partie du paysage. Vous devez anticiper. Vos plans triennaux gagneraient à intégrer une projection des métiers IA-natifs.
Combien de vos collaborateurs IT actuels peuvent réellement basculer vers les compétences IA exigées ? La franchise sur ce point évitera bien des illusions. Et bien des départs subis.
Le coût caché des agents IA en entreprise : ce que les managers doivent absorber
Avec les agents qui rejoignent les flux de travail, les managers prennent une nouvelle dimension. Jacqui Canney, directrice des ressources humaines et de l’activation IA chez ServiceNow, propose un changement de perspective. Cessons de voir les agents comme des coéquipiers numériques. Voyons-les comme des éléments intégrés à de nouveaux flux de travail.
ServiceNow a annoncé mardi de nouvelles fonctions pour sa tour de contrôle IA. Observation des agents. Suivi du retour sur investissement. Supervision. La société étend aussi son offre d’agents autonomes spécialisés en IT, en relation client, en sécurité et gestion des risques. Mark Wittenburg, DSI de la ville de Raleigh en Caroline du Nord, témoigne. À la mise en service de leur agent de support interne, le superviseur a vu sa charge bondir. Formation, supervision, contrôle qualité.
Le double coût qui se cache
Jayney Howson, directrice de la formation chez ServiceNow, alerte sur deux risques. Le coût des tokens d’abord. Les usages combinés humains-agents font grimper la facture. La fuite de données ensuite. Sans encadrement, les risques de sécurité s’aggravent. Les managers sont en première ligne. Si rien n’est anticipé, ils nettoient les dégâts.
Le management intermédiaire est déjà sous pression. Les vagues de licenciements dans la tech le frappent. Pour ceux qui restent, la charge augmente. La supervision des agents s’ajoute à la gestion humaine. La formation à la gouvernance des agents devient indispensable. Pas une option. Une nécessité.
La question qui dérange
Qui paie le coût caché des agents ? Pour l’instant, les managers absorbent. Mais combien de temps tiendront-ils sans outils, sans formation, sans cadre clair ? La question mérite une réponse explicite, et surtout budgétée.
Les agents IA se déplacent. Du desktop au mobile. Du laboratoire à l’entreprise. De l’outil au coéquipier supervisé. Le marché B2B se rééquilibre. Les compétences se recomposent. Les managers absorbent. Les contextes deviennent stratégiques. Cela se confirme le sujet est de moins en moins technologique. C’est de plus en plus l’organisation. Vos arbitrages des prochains trimestres en dépendront. Restez curieux. Restez méthodique. Surtout, restez décideur !
Pour mémoire : Accéder aux actualités IA de la semaine 19.
Comment piloter des agents IA en entreprise depuis un mobile ?
Les principales plateformes, dont Codex d’OpenAI, permettent désormais une supervision mobile. Vous pouvez valider des commandes, vérifier les sorties, basculer entre modèles. Définissez en amont des seuils d’autonomie pour vos agents IA en entreprise. La gouvernance des jetons programmatiques devient critique.
Quelle stratégie d’agents IA en entreprise face à OpenAI et Anthropic ?
La concurrence est désormais réelle. Anthropic a dépassé OpenAI en parts de dépenses B2B. La diversification multi-fournisseurs devient une option crédible. Évaluez chaque agent IA en entreprise sur ses cas d’usage métier, pas sur sa notoriété. Renégociez vos contrats annuellement.
Quels sont les coûts cachés des agents IA en entreprise pour les managers ?
Trois coûts dominent. La consommation de tokens, qui grimpe avec l’intensité d’usage. Les risques de fuite de données, qui imposent une supervision constante. La charge managériale supplémentaire, rarement intégrée aux fiches de poste. Budgétez ces coûts explicitement.
Comment recruter pour réussir le déploiement d’agents IA en entreprise ?
GM montre la voie. Les profils recherchés sont précis. Développement IA natif. Ingénierie de prompt. Conception de flux IA. Ingénierie de données. Cartographiez vos compétences existantes. Identifiez les écarts. Combinez recrutement externe et requalification interne. Sans naïveté sur les délais.
Quelle gouvernance pour des agents IA en entreprise efficaces ?
Trois piliers structurent une gouvernance solide. Un modèle de contexte vivant, à l’image du Celonis Context Model. Une tour de contrôle pour observer les agents et suivre le retour sur investissement. Un cadre de responsabilité managériale clair. Sans ces fondations, vos agents IA en entreprise resteront superficiels.